Guide de la sécurité en cas d’incendie : comment choisir et utiliser le bon extincteur ?

Sommaire

Résumé

Souvent perçu comme une simple obligation réglementaire accrochée au mur, l’extincteur est pourtant le premier rempart entre un incident mineur et une catastrophe. Pour réagir au mieux en cas d’incendie, posséder un extincteur ne suffit pas : il faut que le modèle soit adapté au type de feu, qu’il soit placé au bon endroit, et que le personnel sache s’en servir.  C’est pourquoi cet article est un guide complet qui vous aide à décrypter les classes de feux, à choisir la technologie d'extinction adaptée à vos locaux et vos besoins, et à mettre en place une stratégie de prévention.

Chaque année, des milliers d’incendies pourraient être maîtrisés dès leur départ grâce à un simple geste : utiliser le bon extincteur, au bon moment. Pourtant, entre les différents types de feux (A, B, C, D, F) et les agents extincteurs disponibles (eau pulvérisée, poudre, CO2 ou mousse) il est facile de se tromper, avec des conséquences parfois dangereuses. x

Ce guide de la sécurité incendie vous aide à comprendre comment choisir le bon extincteur selon votre environnement, à respecter vos obligations légales (Code du travail) et à l’entretenir pour qu’il soit opérationnel le jour où vous en aurez besoin.

Les différents types de feux

Pour comprendre la menace et y répondre au plus vite, il convient de connaître les différents types de feux. Les feux sont classés selon la nature du combustible. C’est cette classification universelle qui dicte le type d’extincteur à utiliser.

  • Classe A (feux secs) : matériaux solides dont la combustion forme des braises (bois, papier, carton, tissu, certains plastiques).
  • Classe B (feux gras) : liquides ou solides pouvant se liquéfier (hydrocarbures, solvants, essence, alcool, peintures).
  • Classe C (feux de gaz) : gaz inflammables (propane, butane, gaz naturel).
  • Classe D (feux de métaux) : métaux combustibles (magnésium, sodium, aluminium en poudre). Ces feux sont spécifiques à l’industrie et nécessitent des poudres spéciales.
  • Classe F (feux de cuisson) : huiles et graisses végétales ou animales, typiquement dans les cuisines professionnelles.

Note sur les feux d’origine électrique : historiquement appelés feux de « Classe E », ils ne constituent plus une classe à part entière car l’électricité est une source d’inflammation et non un combustible. Cependant, ils exigent un agent extincteur non conducteur (comme le CO2 ou la poudre).

Le tableau décisionnel HSE : quel extincteur pour quel usage ? 

Type d’extincteurClasses de feux ciblesAction sur le feuAvantage principalInconvénient / LimiteMilieu idéal (Recommandation HSE)
Eau pulvérisée + additifA, BRefroidissement et étouffement (l’additif forme un film protecteur)Facile à nettoyer, très efficace sur les feux de bureau courants.Sensible au gel (sauf antigel), dangereux sur des feux électriques.Bureaux, archives, écoles, hôpitaux, commerces.
Poudre (ABC)A, B, CÉtouffement et inhibition chimiqueUltra-polyvalent, le seul efficace sur les feux de gaz (C).Très salissant, la poudre s’infiltre partout et oxyde les circuits électroniques.Parkings, entrepôts industriels, chaufferies, véhicules.
Dioxyde de carbone (CO2)B (et feux électriques)Étouffement (remplace l’oxygène) et refroidissement“Propre » : ne laisse aucun résidu, idéal pour l’électronique.Inefficace sur les braises (Classe A), risque d’asphyxie en petit local clos.Serveurs (IT), tableaux électriques, laboratoires, cuisines.
MousseA, BIsolement (coupe l’apport en oxygène)Empêche la ré-inflammation des liquides.Ne s’utilise pas sur les installations électriques (conducteur).Stockages d’hydrocarbures, industries chimiques, stations-service.

Approche HSE : la stratégie d’équipement, d’installation et d’entretien

Avoir le bon extincteur est une chose, l’avoir à portée de main en est une autre. Une bonne stratégie HSE repose sur un maillage intelligent de vos locaux.

Le Code du Travail impose des règles strictes en matière de dotation de base. Selon l’article R4227-29 : “Il existe au moins un extincteur portatif à eau pulvérisée d’une capacité minimale de 6 litres pour 200 mètres carrés de plancher. Il existe au moins un appareil par niveau. Lorsque les locaux présentent des risques d’incendie particuliers, notamment des risques électriques, ils sont dotés d’extincteurs dont le nombre et le type sont appropriés aux risques.

De plus, d’après l’article R4227-33, “les installations d’extinction font l’objet d’une signalisation durable aux endroits appropriés.” Il est donc optimal de les placer près du danger (panneau électrique par exemple), sur les voies empruntées (pas dans le passage, mais ils doivent être visibles et accessibles) et accrochés à la bonne hauteur pour être manipulables par tous.

Entretien et maintenance des extincteurs

Un extincteur n’est pas éternel. Pour qu’il soit opérationnel le jour J, il doit faire l’objet d’un suivi rigoureux. Voici des exemples de bonnes pratiques : 

  • L’inspection visuelle (tous les mois) : à réaliser par vos équipes. Vérifiez que l’extincteur est à sa place, visible, que la goupille est intacte et que l’aiguille du manomètre (si présent) est dans le vert.
  • La maintenance préventive (tous les ans) : elle doit être réalisée par un technicien qualifié qui vérifie l’intégrité mécanique et la fluidité de l’agent extincteur.
  • La maintenance approfondie (tous les 5 ans) : obligatoire, elle implique l’ouverture totale, l’épreuve hydraulique du corps de l’extincteur et le remplacement de l’agent.

Conclusion : 

La gestion des extincteurs n’est donc pas aussi simple que l’on ne croit ! Il faut savoir bien choisir, placer, entretenir et utiliser cet outil de sécurité indispensable.

Chez Safeguard, nous croyons qu’une prévention efficace passe par la connaissance. Prenez le temps aujourd’hui de regarder les extincteurs de vos locaux : sont-ils adaptés aux risques qui les entourent ?

FAQ :

Peut-on réutiliser un extincteur qui n’a pas été vidé ?

Non, un extincteur qui a déjà utilisé n’est plus réglementaire car le joint d’étanchéité est rompu. Même s’il reste du produit à l’intérieur, le gaz propulseur va s’échapper lentement dans les heures qui suivent. L’appareil n’aura plus la pression nécessaire pour fonctionner lors d’une prochaine utilisation et doit être impérativement rechargé par un professionnel.

À quelle distance faut-il se tenir d’un feu pour l’éteindre efficacement ?

La distance normale pour un feu sec pas trop important est entre 2 et 4 mètres du foyer, elle permet à l’utilisateur de rester à l’abri du danger tout en garantissant que le jet de produit soit efficace et atteigne sa cible. Au fur et à mesure que le feu diminue, il est possible de s’avancer prudemment pour finaliser l’extinction.

Comment savoir si un extincteur est prêt à l’emploi d’un simple coup d’œil ?

La méthode la plus rapide consiste à vérifier le manomètre (le petit cadran rond situé près de la poignée sur les modèles à eau et à poudre). Si l’aiguille se trouve dans la zone verte, l’appareil dispose de la bonne pression. Si elle est dans le rouge, l’appareil est soit dépressurisé, soit en surpression, et ne fonctionnera pas correctement.

Les produits pulvérisés sont-ils dangereux pour la santé ?

Les produits sont conçus pour être utilisés en toute sécurité. Toutefois, il faut les utiliser avec précaution car la poudre est très fine et pourrait être irritante pour les voies respiratoires, tandis qu’il est évident qu’il faut bien aérer après avoir utilisé un extincteur au CO2.

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FAQ

Qu’est-ce qu’un boîtier PTI (DATI) ?

Le boîtier PTI est un système dédié à la protection des travailleurs isolés. Il permet de détecter un incident de façon volontaire (bouton SOS) ou involontaire (détection automatique de chute ou d'immobilité grâce à des capteurs)

Equiper des travailleurs isolés de systèmes PTI n'est pas une obligation légale en soi. En revanche, la protection des travailleurs isolés est une obligation pour l'employeur. En outre, la jurisprudence met en avant la nécessité pour les employeurs de mettre en place les protocoles et les systèmes nécessaires à la protection des travailleurs seuls afin d'être conformes à la réglementation. 

Il existe plusieurs critères de choix d'un système PTI. Cela dépendra de la nature des métiers exercés par les travailleurs, de la configuration du site dans lequel ils opèrent ainsi que le secteur de l'entreprise. Parmi les critères de choix importants à prendre en compte on peut noter :
  • Ergonomie et facilité d'utilisation
  • Réseaux de communication disponibles, zones blanches
  • Taille du site
  • Présence de sous-sols ou de zones en intérieur
  • Normes spécifiques liées aux activités du site (Atex, IP, etc.)
  • Critères d'alertes
  • Besoin de localisation en cas de détection d'incident
  • etc.

Le prix d’un boîtier PTI est compris entre 50€ par an et plus de 1200€ par an. Son coût dépend de plusieurs facteurs : opérateur itinérant ou sur un site fixe, taille du site, fonctionnalité avancées ou non, norme Atex ou non, normes IP spécifiques. Pour plus d'information ou une estimation personnalisée, merci de remplir le formulaire de demande de devis.
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